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samedi 3 juin 2017

Nota Bene - Les pires batailles de l'histoire

Youtube comme Facebook font souvent office de décharge à ordure du Net où souvent la bêtise côtoie la cruauté. Néanmoins, pour le visiteur exigent curieux d'aller au delà de ce que l'on lui inflige de prime abord, ce trouve toute une mine de pépites capable de l'enrichir intellectuellement parlant en lui faisant pétiller les neurones.

Nota Bene fait parti de ces perles de YouTube. Sur cette chaîne, Benjamin Brillaud nous propose par le biais de petites émissions de 5 à 15 minutes de partager son amour de l'histoire. Il adopte un style passionnant où le fond et la forme parviennent à dépoussiérer les souvenirs d'école. Depuis quelques années déjà il nous a fait redécouvrir l'histoire de notre monde. D'une certaine façon c'est un peu un Alain Decaux moderne (les moins de 40 ans risquent d'être largués par cette référence très années 70/80...).

Depuis un moment déjà Benjamin Brillaud avait envie de poursuivre son aventure dans le domaine littéraire ce qui est chose faite avec cet ouvrage : Nota Bene - Les pires batailles de l'histoire sorti chez Robert Laffont l'année dernière.

Il avait déjà abordé ce sujet à travers plusieurs vidéos (voir ci-dessous) mais il s'agit ici de récits inédits sur sa chaîne. Au travers de 15 histoires prenant place de l'antiquité à nos jours, il nous compte 15 fiascos militaires (ou victoires inespérées selon de quel côté du champs de bataille l'on se place). L'idée de base est de narrer des batailles réputées gagnées d'avance par la supériorité écrasante de l'un des belligérants et pourtant perdues par bêtise, ignorance ou malchance (voir une conjonction des trois).

Les récits sont connus (la bataille de Marathon, Azincourt, Gravelin, etc...) mais le traitement qui en est fait rend vivante ces tranches d'histoire et cela même pour un lecteur peu féru de récits de guerre. L'auteur commence à chaque fois par remettre la bataille dans son contexte historique quitte à revenir un siècle ou deux en arrière pour expliquer les motivations des parties présente. Il décrit de façon imagée la bataille en mêlant au récit historique des passages romanesques illustrant ici une tranche de vie d'un ou plusieurs participants du conflit. Chaque chapitre s'achève par une présentation d'événements contemporains de la bataille destinés à remettre cette période en perspective.

Le livre est resté quelques mois sur ma pile de lecture d'où le retard de cette critique, mais une fois commencé je l'ai dévoré. Les amateurs de la chaîne Nota Bene retrouveront avec plaisir le style et l'humour de Benjamin Brillaud. J'ai beaucoup aimé ce livre et espère qu'il sera rejoint prochainement par d'autres ouvrages.
Tout n'est pas parfait néanmoins. Le livre soufre des défauts de ses qualités à savoir un format court et percutant allant à l'essentiel mais qui pourra laisser les grands amateurs d'histoire sur leur faim. L'auteur propose aux lecteurs désireux de poursuivre leur découverte une série d'ouvrages sur chacune des périodes abordées. Ma deuxième critique porte sur les cartes sensées illustrer les champs de bataille qui à mon goût sont peu lisible car en noir et blanc et un peu confuse.

Néanmoins il s'agit là d'un ouvrage complétant les émissions de la chaîne qui ravira les abonnés de cette dernière comme les amateurs d'histoires.





mercredi 26 avril 2017

La véritable histoire de l’ouest américain

Bien que je sois essentiellement un lecteur de fiction (roman, BD, comics ou mangas) j’aime bien faire des incartades vers des ouvrages « plus sérieux » sur les sciences, l’art ou l’histoire. C’est ainsi qu’en visionnant une vidéo de Rôliste TV (voir ci-dessous) traitant des sources d’inspirations historiques j’ai découvert ce livre.

Cet ouvrage historique ce propose de nous faire découvrir de façon réaliste l’histoire de l’occupation du territoire ouest du continent nord-américain et plus particulièrement sur une période allant du XVIIème au milieu du XXème siècle.

Cette période a fait l’objet de nombreux fantasmes véhiculés tant par les médias et les politiques de l’époque pour galvaniser des hordes de colons puis par le cinéma de western des années 1930 à 1970. Depuis les années 70 une véritable redécouverte de l’histoire a été entreprise afin de réhabiliter entre autre les peuples amérindiens et mettre en lumière les horreurs qui leur ont été infligé en quatre siècle d’invasion. Ce livre reviens donc sur tous ces événements : la politique expansionniste coloniale du pousse toi de là que je m’y mette, sur le destin des colons de tout horizons, la ruée vers l’or, le destin des peuples indiens, l’économie de l’époque, les religions, la place des femmes, les sort des peuples noirs et des asiatiques, etc…

L’auteur, Jacques Portes, adopte un style direct et efficace pour conter cette tranche d’histoire. Le format du livre (300 pages seulement) fait que le traitement ne peut pas être exhaustif et que l’on va se consacrer à l’essentiel. De fait un lecteur féru d’histoire et plus particulièrement sur ce lieu et cette époque pourra peut-être un peu rester sur sa faim. Néanmoins, ce livre sait se montrer intéressant et vous apprendra surement de nombreuses choses sur cette époque longtemps connue que par le biais des westerns.


mercredi 19 avril 2017

LOVECRAFT, Au cœur du cauchemar

En octobre dernier l’éditeur ActuSF a proposé en financement participatif sur la plate forme ULULE la création d’une monographie (étude exhaustive et large portant sur un sujet précis et limité ou sur un personnage) sur la personne de H.P. Lovecraft. La campagne a été un succès et au terme d’un mois a engrangé la somme de plus de 27 000 € ce qui à permis de créer le présent ouvrage sorti en librairie le mois dernier.

On se retrouve ici avec un beau bébé (ou monstre indicible) de 460 pages regroupant 50 chapitres eux mêmes repartis en trois thèmes : l’homme, l’œuvre et l’univers étendu. A travers ces différents articles nous allons découvrir ou redécouvrir cet auteur américain du début du XXème siècle.

La première partie sur l’homme va nous faire découvrir Lovecraft en brisant certains clichés tel que son qualificatif erroné de "reclus" ou en expliquant d’autre tel son racisme souvent décrié. Cette partie est assez intéressante car elle dresse le portrait d’un homme avec ses qualités et ses défauts sans chercher à l’idéaliser ni l’excuser. Loin d’être un solitaire, Lovecraft avait un important cercle d’amis avec lesquels il entretenait une correspondance importante dont on trouve ici des extraits.

La deuxième partie revient sur son œuvre. On y raconte ici l’accueil public mitigé reçu du vivant de l’auteur jusqu’à l’époque contemporaine où il est considéré comme un des auteurs majeurs américains au même titre qu’un Edgar Alan Poe. On revient sur l’univers qu’il a créé et son évolution entre les mains des disciples qui ont repris son flambeau. On découvre l’accueil privilégié du public français dès les années 50 ainsi que les problèmes liés à des traductions hasardeuses enfin corrigés par les éditions actuelles.

La dernière partie traite quant à elle de l’univers étendu issu de l’œuvre de Lovecraft qui fait que plus de 70 ans après la mort de ce dernier il reste toujours aussi présent. On reviens ici à ses influences tant sur la bande dessinée, le cinéma, le jeux vidéo ou le jeu de rôle.

S’agissant d’une monographie nous n’avons pas ici affaire à un seul auteur mais pour ainsi dire quasiment autant d’auteur que de chapitre. De même la forme varie au fil des chapitres passant d’études spécialisées sur une thématique précise, à des interviews, à des extraits de courriers, à des reprises de préfaces d’ouvrages ou à des articles plus légers. Le style également varie fortement selon les auteurs allant d’une écriture très universitaire à des styles plus accessible.

Globalement cet ouvrage s’adresse aux fans de l’auteur ayant déjà lu tout ou partie de son œuvre plus qu’aux curieux et candides qui risquent de ce retrouver un peu perdu. Le format de la monographie peu poser problème car on alterne entre des articles pointus certaines fois un peu difficiles d’accès à des articles triviaux tel que certaines interviews. Même si une cohésion rédactionnelle a été apporté à l’ensemble cette forme peu gêner la lecture (nombreuses répétions entre les articles ou manque de cohésion général). Lors du financement participatif certains articles ont été débloqué et ont été rajouté à l’ouvrage final. On sent sur certains le rajout pas toujours nécessaire. 

Néanmoins, ne pensez pas que je n’ai pas aimé cette lecture. Bien au contraire, j’ai dévoré le livre. Je le trouve relativement complet. Toutefois j’aurais apprécier un vrai article sur le jeu de rôle L’appel de Cthulhu qui a permis à beaucoup d’entre nous de découvrir l’univers et les livres de Lovecraft. 

Cet ouvrage parvient à éviter les écueils commerciaux de beaucoup d'autre en ce moment. Il faut dire que Lovecraft étant mort depuis plus de 70 ans, il est tombé dans le domaine public et donc on peut faire tout et n'importe quoi avec son oeuvre et ses personnages. Depuis quelques années on trouve en libraire jusqu'à quatre ou cinq versions différentes de certains de ses ouvrages dans des traductions différentes. Tout projet Kickstarter ou presque ce doit d'intégrer un peu de Cthulhu. Et ce n'est pas les succès répétés des financements participatifs de la version française du jeu de rôle L'appel de Cthulhu sur Ulule qui vont changer la donne...
 
Au final, cette monographie m’a permis de redécouvrir Lovecraft et m’a donné envie de relire son œuvre. Comme dis plus haut, je la conseille à des lecteurs connaissant déjà tout ou parti de l’œuvre non seulement histoire de savoir de quoi il est fait mention mais surtout pour ne pas ce faire spoiler la plupart des récits (certains articles allant loin dans leur analyse).

mercredi 30 avril 2014

Éloge du voyage à l'usage des autistes et de ceux qui ne le sont pas assez

Voici un peu plus d'un an j'avais fais sur ce blog un article sur le superbe livre de Josef Schovanec "Je suis à l'est". L'auteur de ce livre, autiste asperger comme moi, y narrais son parcours de sa petite enfance à l'âge adulte avec ses nombreuses expériences bonnes et mauvaises d'autiste au sein d'une société de "normaux". 
Si les thèmes abordés n'était pas toujours des plus faciles (harcèlement scolaire, parcours psychiatrique, etc...) il le faisait avec l'humour et la qualité de narration qui le caractérisent.
Ce premier livre à rencontré un bon succès en librairie et à permis à certain de voir que l'autisme ne se résumait pas uniquement à Rain Man et que l'on pouvait vivre correctement (je ne dirais pas volontairement normalement) quand on est atteins d'un trouble du spectre autistique.

Josef Schovanec est devenu une petite célébrité du domaine de l'autisme grâce à son discours tranchant avec celui des sommités auto proclamées de la psychiatrie et surtout avec son humour caractéristique. 
Sa célébrité lui a value d'être invité sur des plateaux de télévision ou à la radio où malheureusement il n'était pas toujours à son avantage dans des émissions super formatées ne servant qu'à boucher des trous entre deux pages de publicités.
Si vous ne le connaissez pas et que vous souhaitez le découvrir je vous invite chaudement à taper son nom sous You Tube pour découvrir plusieurs de ses prestations dans des colloques et séminaires sur l'autisme. Toutes ses interventions sont savoureuses et croustillantes. 
Mais je m'écarte du sujet du jour à savoir son deuxième livre.

Le titre en lui même résume plutôt bien le sujet : "éloge du voyage à l'usage des autistes et de ceux qui ne le sont pas assez". Josef est un passionné de langues étrangères notamment les langues slaves, du moyen orient ou d'Asie. En toute modestie il peut se targuer d'en maîtriser une dizaine.
Jusque là rien de vraiment exceptionnel (toutes proportions gardées bien sûr) pour un autiste. Vous vous dites que c'est là son "intérêt restreint" qu'il le pratique avec une pile de livres achetés sur le net et enfermé à double tour chez lui loin des autres. Que nenni ! 
Josef pratique des langues vivantes et va sur le terrain pour les apprendre et quand je parle de terrain je ne parle pas du cours du soir d’à côté mais du pays d'origine de la langue. Monsieur est un vrai globe trotter, passant plus de temps à l'étranger qu'en France et dormant rarement plus de 5 jours d'affilés au même endroit.
De fait, Josef parcours le monde profitant de colloques et séminaires auxquels il est conviés par diverses universités et organisations ou de sa propre ingéniosité en voyageant à moindre coût.
C'est ces expériences qu'il nous propose de découvrir dans ce livre. Son propos est de montrer que malgré son handicap il parcours le monde et va à la rencontre des autres. Ici pas de fanfaronnade histoire de montrer où il a planté son drapeau sur une carte. 
Josef ne cherche pas les destinations touristiques et les hôtels prisés par le troupeau des touristes mais plutôt la simplicité et l'authenticité de la vie quotidienne des autochtones. Il nous explique comment, avec ses maigres ressources, il parvient à vivre bien et simplement à l'autre bout du monde et toute la richesse intellectuelle et spirituelle qu'il en retire.
Encore une fois, comme pour son précédent ouvrage, il ne cherche pas à faire du misérabilisme ou de l'auto apitoiement sur le malheur d'être autiste mais plutôt à donner simplement une leçon de vie pleine de sensibilité, d'humour, de culture et d'intelligence.
Il nous compte ses petits plaisirs comme le bruit du métro russe, découvrir des lieux insolites et inconnus, etc...
Il explique que paradoxalement en allant à l'étranger sa différence disparaît. En effet, soi ses traits autistiques peuvent devenir des qualités dans certains pays (comme le Japon), soi étant étranger les autres ne prêtent pas attention à ces aspects pensant par ignorance qu'ils sont caractéristiques de sont pays origine. Il montre avec humour la façon dont il envisage le voyage avec ses spécificités comparé à la vision limitée des neurotypiques.
Le livre se laisse lire sans déplaisir même si à titre personnel j'ai préféré la première moitié à la seconde que j'ai trouvé un peu confuse car trop riche d'expérience trop vite enchaînées. 
Au final un très bon récit autobiographique sur un versant laissé de côté dans le premier livre.

Personnellement, je suis bluffé par ses expériences, moi qui n'est pour ainsi dire jamais voyagé...
J'ai plus voyagé par les livres que j'ai pu lire ou les documentaires que j'ai vu qu'autre chose. 
J'aime me définir par deux traits : voyageur immobile / rêveur éveillé. Ce que mon corps ne fait pas mon esprit et mon imagination l'ont fait mille fois.

mardi 8 avril 2014

Créatures de Tolkien

Petite critique de livre après quelques semaines d'absences sur mon blog. 
Histoire de changer un peu de style de lecture, je me suis lu un ouvrage encyclopédique sur l'univers des Terres du Milieu de Tolkien : Créatures de Tolkien de David Day aux éditions Octopus.

Cette encyclopédie prend le parti pris d'explorer cet univers par le biais des races, peuples, créatures et plantes détaillées dans l'univers de JRR Tolkien. Ici pas de matériel nouveau mais plutôt un travail de synthèse concaténant les informations dispersées dans l'ensemble des œuvres de Tolkien à savoir le Silmarillion, le Hobbit, le Seigneur des anneaux, les Contes et légendes inachevés, Les aventures de Tom Bombaldi, et diverses notes.

L'auteur de cet ouvrage est David Day, un écrivain canadien, passionné de l'œuvre de Tolkien, à qui l'on doit déjà pas mal d'autres écris sur le sujet. Il ne s'agit pas d'un livre récent surfant sur le succès des films de Peter Jackson, mais d'un ouvrage de référence datant de 1978 pour sa première édition. 
À cette époque l'œuvre de Tolkien était réservée à un cercle de lecteur restreint surtout composé de Geek. De fait cela se ressent à la lecture de cet ouvrage assez pointu et un peu aride à la lecture.
Le travail est de qualité et très complet même si les spécialistes regretteront qu'il ne s'agit là que d'une redite des récits de Tolkien. Néanmoins, l'amateur éclairé (mais pas expert) que je suis à pris plaisir à la lecture de ce livre. Il faut dire que j'ai lu le Silmarillion et les Contes et légendes inachevés il y a une vingtaine d'années et que j'en garde encore le souvenir d'une lecture fastidieuse et pénible. Ce n'est pas que leurs récits ne soient pas intéressant mais plutôt que leurs styles très littéraire ne les rend pas super agréable. Cette encyclopédie réussi à transmette les mêmes informations en moins de pages tout en étant plus digeste. 
Elle ne dispense pas toutefois de lire le Hobbit et le Seigneur des anneaux. Cependant de par son caractère très spoilant il faut surtout pas la lire avant ces ouvrages au risque de ce voir dévoiler toutes les intrigues.
L'encyclopédie est illustrée par différents artistes utilisant différents styles tantôt réalistes, tantôt grotesques. Leur grande originalité est que l'ouvrage étant antérieur aux films, ces illustrations ne sont pas captive de la vision de Jackson.

J'aurais deux reproches à faire à cet ouvrage : une de fond et une de forme.
Celle de fond est un des écueils de ces livres encyclopédiques à savoir les redites. En effet, dans l'œuvre de Tolkien une même personne ou race peu être connu sous de nombreux noms. De fait on va retrouver les mêmes articles ou presque sous plusieurs entrées. De même on va lire deux ou trois fois certains récits car il vont se rattacher à plusieurs entrées. Il faut bien voir que ce type de livre est plus destiné à rechercher ponctuellement tel ou tel article plutôt qu'à être lu en une traite comme un guide.
La deuxième critique est sur la forme. Le responsable de l'édition française c'est borné à traduire le texte sans revoir la pagination. De fait la mise en page du livre et l'ordre des illustrations restent exactement les mêmes que ceux de l'édition américaine. L'éditeur français n'a pas tenu compte du fait que traduction oblige les articles sont répartis différemment dans l'édition française que dans l'édition originale. Résultat les illustrations ne sont absolument pas en face des articles qu'elles sont censées illustrer. Un exemple parmi tant d'autre, les illustrations de l'article sur les nains (dwarf en anglais) restent désespérément à la lettre D là où l'article correspondant lui est à la lettre N. Cela fait un désordre pour un ouvrage de ce genre...

Enfin si l'on met de côté ces deux problèmes la lecture de cet ouvrage est assez plaisante.

lundi 24 février 2014

"Atlas des lieux maudits" de Olivier Le Carrer

Voilà quelques temps que je n'avais pas parlé de mes lectures. Il faut dire que j'ai peu lu ces derniers temps. J'aime bien alterner les périodes de boulimies littéraires et celles de disettes afin d'éviter la lassitude.
Au hasard de mes flâneries chez mon dealer de papier je suis tombé sur un livre qui a aussitôt titillé ma curiosité à savoir : L'atlas des lieux maudits.

Ce livre est le fruit du travail d'Olivier Le Carrer journaliste passionné de voile qui nous livre ici une petit atlas recensant différents lieux dit "maudits" qu'il a eu la chance (ou la malchance de découvrir au fil de ses voyages.

Tout d'abord parlons du livre en lui même. Il s'agit d'un superbe livre de collection auquel on a volontairement donné un cachet ancien par le choix des matériaux utilisés (couverture, grammage et couleur du papier), par les cartes anciennes utilisées en illustration et par le choix de la mise en page. De fait, on a l'impression de tenir en main un livre ancien trouvé chez un bouquiniste. Ce livre est donc un bel objet digne de figurer dans une bibliothèque ce qui change des livres flashy que l'on trouve sur le sujet avec des couvertures criardes et papier glacé.

La forêt des suicidés
Après le contenant passons au contenu. Avec ce livre il faut savoir ce que l'on va trouver histoire de ne pas être déçu à la lecture. En effet, ce n'est pas une encyclopédie exhaustive sur le sujet et clairement si Le Carrer aime le sujet abordé ce n'est pas un sujet qu'il maîtrise parfaitement. De fait, le contenu peu facilement décevoir le lecteur averti ayant déjà une bonne connaissance du sujet comme moi. Cet atlas est une sorte d'amuse gueule où l'on va découvrir rapidement une petite quarantaine de lieux étranges décrit en une ou deux pages (pas très compactes).
Ces lieux dit maudit sont des endroits répartis aux quatre coins de la planète qui pour diverses raisons (folie des hommes, catastrophes naturelles, hasard de la vie, etc...) ne seront jamais votre lieu de vacance préféré. On y trouve par exemple : la maison hantée de Amytiville, le triangle des Bermudes, la forêt des suicidés d'Aokigahara au Japon, le phare des disparus d'Eilan Mor, etc...
Amytiville
Les articles sont intéressants dans l'absolu mais personnellement je trouve qu'ils sont beaucoup trop succinct. Aucun des sujets n'est approfondi et tout est survolé.
L'auteur a décidé d'illustrer son livre uniquement ou presque avec des cartes anciennes issues d'un atlas de la fin du XIXème siècle. Cela donne un certain cachet au livre mais au final c'est assez gadget. L'échelle des cartes ne permet bien souvent pas de voir vraiment les lieux qui sont donc surligné par un cercle rajouté. De plus certains des événements ayant marqués ces lieux étant issu du XXème le côté "ancien" des cartes fait assez artificiel. Par contre pas de photos ni de plan des fameux lieux maudits qui resteront désespérément abstrait pour le lecteur.
De fait j'ai passé plus de temps sur Google pour chercher des infos complémentaires et des photos des lieux décrit d'où mon image de livre amuse gueule.
Tout n'est pas mauvais et le lecteur peu féru de ces lieux y trouvera sûrement son bonheur.
Certains lieux pourront même servir d'inspiration pour écrire des scénarios pour un jeux de rôle moderne tel que l'Appel de Cthulhu mais au prix de beaucoup beaucoup de recherches complémentaires.

samedi 2 novembre 2013

Nos années Récré A2 : 1978-1988

Si vous êtes né entre 1970 et 1980 ce livre devrait vous intéresser.
En effet, cet ouvrage arborant fièrement le logo de l'émission emblématique Récré A2 se propose de vous faire revivre une décennie de programme jeunesse à la télévision française.
L'auteur, Sébastien Carletti, est un habitué de l'exercice car il est déjà le papa de deux superbes ouvrages à savoir : Nos jouets 70-80 : de Barbie à Transformer et Nos années Strange : 1970 à 1996. Ces deux livres étaient de splendides encyclopédies chronologiques respectivement sur l'univers des jouets et celui des comics à destination des adultes nostalgiques nés à cette époque.

Dans ce nouvel ouvrage, Sébastien Carletti reprend sa recette avec brio en nous proposant de parcourir de façon chronologique 10 années de programme jeunesse française toutes chaînes confondues. Le fil blanc de ce livre est l'émission phare de cette décennie à savoir Récré A2. L'histoire s'ouvre avec le démarrage de l'émission sur la deuxième chaîne en 1978 pour s'achever en 1988 date où, suite à une série de désaccord, les stars de l'émission, dont Dorothée, claquent la porte pour rallier TF1 où ils créeront le Club Dorothée qui sera la référence d'une nouvelle génération de téléspectateurs.

L'auteur nous fait donc remonter le temps trimestre par trimestre détaillant les grilles des programmes des différentes chaînes. Le livre n'est pas pour autant un simple listing des programmes de l'époque. En effet, il nous raconte l'envers du décor avec les luttes entre les chaînes ou les animateurs, les polémiques soulevées par certains programmes, le périple de certaines séries pour arriver à l'antenne, etc...
Au fil des pages il s'arrête sur certains des programmes phares (Goldorak, Candy, Heidi, Albator,...) pour nous raconter l'histoire de leur création et de leur adaptation (voir censure). Il nous résume leurs intrigues et pour les plus curieux il nous propose en retournant le livre de découvrir le résumé de leurs derniers épisodes histoire de savoir comment ces séries finissaient.

En 10 ans on assiste à une réelle transformation des programmes où clairement les impératifs de rentabilité et publicitaires vont prendre le pas l'aspect éducatif, où les productions françaises vont quasiment disparaître au profit des dessins animés japonais, où l'ambiance enfantine et naïve va s'effacer face à une violence certaines, etc...

Alors que faut il en penser ? Clairement si vous n'avez pas grandi pendant cette période le livre risque de vous ennuyer. Dans le cas contraire c'est une véritable madeleine de Proust et vous allez vous rappeler avec tendresse telle ou telle émission qui aura illuminé vos fins d'après-midi ou vacances. 
Personnellement, ayant été enfant pendant cette période (j'y suis passé de l'âge de 7 à 17 ans) je suis clairement le cœur de cible. Fautes d'amis de mon âge je partagé mon temps libre entre la télé et les livres.
A la lecture je me suis rendu compte que pour les premières années traitées je connaissais pour ainsi dire tout. Il faut dire qu'à l'époque (fin 70/début 80) les émissions n'étaient pas légion. 
En revanche au fur et à mesure des années et du développement du marché de plus en plus de programme me sont inconnus. Il faut dire aussi que, pour ceux qui s'en rappellent, on passait moins de temps devant la télé à l'époque et en plus les magnétoscopes n'existaient pas ou étaient trop chers. 
Après en grandissant j'ai un peu laissé tomber les programmes pour enfants au profit des séries télé américaines qui arrivaient en masse et ce notamment avec l'arrivée de deux nouvelles chaînes : La 5 et M6. 

En conclusion, ce livre est très agréable à lire et bourré d'anecdotes. Qui plus est, il est superbement illustré par de nombreuses photos tirées des différentes émission. 
Tout au plus je lui reprocherais d'être un peu trop rapide par moment là où j'aurais vraiment aimer trouver plus d'informations sur certains programmes dit mineurs et également de manquer un peu de légèreté car par moment sa lecture peut être un peu aride.

dimanche 20 octobre 2013

Celui qui adorais (et aime toujours) les jeux de rôle

Être porteur du syndrome d'asperger est loin d'être quelque chose de facile à vivre.
Actuellement à 42 ans j'ai appris à m'accommoder ou à composer avec mes incapacités et mes limites. Ce n'est pas parfait loin de là, mais je parviens à faire avec et j'arrive tant bien que mal à tromper mon monde pour ce que je n'arrive pas à faire.
Quand j'étais enfant il n'en était pas de même. Je ne comprenais pas le monde qui m'entourait et étais quasiment incapable d'interagir avec les enfants de mon âge. Les émotions et les rapports humains étaient pour moi comme une langue étrangère barbare.

Je compensais cet handicap par une vie intérieure bouillonnante.
Contrairement à ce que certains disent, nous les aspies avons très souvent une imagination débordante. Personnellement, la mienne n'a pas de limite ou tout au moins je ne l'ai jamais trouvé. Laissez moi seul cinq minutes et je vais commencer à imaginer un monde merveilleux de toutes pièces.
Enfant je dévorais tout ce qui avait trait au fantastique, à l'aventure et au merveilleux. Les contes et légendes de tout les pays et de toutes les religions n'avaient pas de secret pour moi. Cela a commencé par les romans et encyclopédies diverses du rayon enfant de la bibliothèque en bas de chez moi, puis très vite j'ai dévoré la section adulte tout de même plus adaptée pour un petit bambin de 10/12 ans assoiffé de connaissance.
À un moment, j'ai trouvé que les romans avaient des limites car bien souvent j'étais déçus par les choix des héros, le manque d’ambition des auteurs et par la rigidité du support.
C'est donc tout naturellement que j'ai basculé dans l'univers des Livres dont vous êtes le héros qui m'ont séduit par leur concept de récit interactif. Certes, la plupart de ces livres n'étaient pas des chefs d’œuvres de la littérature mais ils m'ont montré que mes choix pouvaient interagir avec mon environnement. D'un seul coup un récit rigide prévus pour aller d'un point A à un point B pouvait au lieu de cela aller en Z en passant par toutes les lettres de l'alphabet si je le souhaitais (et que l'auteur l'avait prévus).
Si ces livres dont vous êtes le héros étaient intéressant, là encore j'ai trouvé leur limite et je me suis tourné vers le jeu de rôle.

Dans les années 80 c'était un peu la disette en France question JdR. Les jeux en VO étaient difficilement trouvable et les éditeurs français ne se bousculaient pas au portillon. Quand on voulait découvrir le JdR on prenait ce qui existait.
J'ai donc commencé avec l'Oeil Noir (un clone allemand au rabais de Donjon & Dragon) qui était commercialisé par Gallimard. Le jeu était super restreint, avec un univers et des scénarios très proche de ceux des Livres dont vous êtes le héros mais pour un début cela était acceptable.
Puis je suis passé au vrai Donjon & Dragon (avec l'univers de Gazetter) pour ensuite passer à sa version avancée AD&D (avec les Royaumes Oubliés). Ces deux jeux étaient en anglais et moi, qui étais nul à l'école car je ne voyais pas l'intérêt d'apprendre la langue, suis devenu bilingue à la vitesse de l'éclair pour pouvoir lire les manuels de jeu.
En parallèle de ces jeux médiévaux fantastique de base, j'ai exploré de nombreux univers au fil des années : Star Wars, Paranoïa, l'appel de Cthulhu, Stormbringer, Hawkmoon, Méga, Runequest, In nomine satanis / Magna veritas, etc...
En gros de 1985 à 1995 j'ai du lire ou jouer à tout ce qui est sorti ou presque.

Vous me direz avec justesse comment un aspie peut pratiquer des jeux de rôles sachant que cela implique des interactions multiple et répétées avec tout les membres du groupe de jeu. 
Et bien cela pourra vous paraître étrange mais cela ce passe très bien. Il faut dire qu'à l'époque les amateurs de jeux de rôles n'étaient pas légion et faisaient partie d'une communauté que maintenant on appellerait Geek ou Nerd. En gros ce n'étaient pas les plus populaires de la cours d'école et ils savaient ce que c'était d'être rejeté ou d'être différents. Ils faisaient preuve d'une grande ouverture d'esprit et acceptaient ma différence sans moquerie.
C'est à cette époque où j'ai appris à construire ma machine à faire semblant. Le jeu de rôle est en effet un véritable laboratoire pour un aspie. Chaque personnage que vous créez est une expérience de personnalité et un peu comme dans une pièce de théâtre vous allez alterner avec les rôles. Un coup vous allez être un fier et impétueux chevalier, le lendemain une jeune et riche héritière jouant de son charme, ensuite vous serez un chasseur de prime intergalactique impitoyable, etc...
Pour quelqu'un comme moi qui était pour ainsi dire dépourvu de personnalité et ne sachant pas lire les autres, le jeu de rôle a été une véritable école de la vie.
J'adorais lire les manuels de jeu, les scénarios et les guides divers. Je trouvais passionnant de trouver tout et n'importe quoi dans ces livres. Je trouve le monde dans lequel on vit (le monde réel) très frustrant et fade. Il y a tellement de questions sans réponses et de zones blanches que l'on ne peut pas tout savoir sur tout ni savoir si ce que l'on lit est la réalité ou une interprétation. Dans le jeu de rôle vous trouvez des univers structuré et cohérent où vous pouvez apprendre des choses que vous ne pourrez jamais savoir dans la réalité.
Si cela peut paraître surprenant j'ai passé beaucoup plus de temps à lire des livres de jeu de rôle, créer des scénarios ou créer des personnages qu'à jouer. En effet, c'est cet aspect du jeu de rôle que je préfère.
Une de mes passions chaque fois que je découvrais un nouveau jeu de rôle était d'utiliser le système de jeu pour me recréer de tout pièce et ainsi avoir un avatar codifier de moi même. Pour cela le meilleur jeu que j'ai pu trouver est L'appel de Cthulhu qui avec son système de règle très souple et contemporain était parfait pour cela. Cela peut paraître bizarre mais j'aimais (et j'aime toujours) me recréer et recréer les personnes qui m'entourent de cette façon.
À la fin des années 90 les hasards de la vie et le départ progressif des personnes avec lesquels je jouais ont fait que lentement mais sûrement j'ai arrêté les jeux de rôles. De plus c'est à cette période que les médias ont commencé à diaboliser cette activité au point que l'on passait pour un attardé voir un dangereux psychopathe si l'on avouait honteusement les pratiquer.

Je ne sait pas si les jeux de rôle peuvent aider les aspies à se construire mais dans mon cas cela a été un élément essentiel de ma vie et sans eux je pense que je ne serais pas celui que je suis maintenant. Grâce eux, si je le souhaite, je peux être qui je veux et prendre n'importe qu'elle personnalité. J'ai également appris à comprendre les autres et trouver un moyen de canaliser mon imagination.

Dernièrement j'ai trouvé que je n'étais pas le seul aspie à partager ce point de vue et l'animatrice du vidéo blog TheAnMish (elle même aspie) a consacré un article (en anglais) à ce sujet.

lundi 9 septembre 2013

"Les vacances d'un serial killer" de Nadine Monfils

C'est les vacances et Alfonse Destrooper a bien l’intention d'en profiter en allant avec sa petite famille dans une pension de famille avec vue sur la mer du Nord. Pour cela Alfonse quitte sa fabrique de boulettes sauce lapin au volant de sa voiture tunée dans les règles de l'art pur kitsch garantie. 
Malheureusement pour lui il est obligé de se coltiner sa famille avec sa douce et tendre épouse Josette persuadée d'être une starlette, ses deux gamins grands ados adeptes de cinéma amateur et de cannabis Steven et Lourdes, et enfin la belle mère Calamity Janes sur le retour avec sa caravane pourrie Mémé Cornemuse. 
Comme on peu s'en douter, les vacances ne vont pas particulièrement bien se passer. Le petit groupe va en effet croiser le chemin d'un serial killer et mémé Cornemuse va se payer une crise des 80 ans.
L'histoire bascule vite dans un mélange de thriller, road movie, humour noir, comédie de mœurs le tout saupoudré d'une énorme dose de trash.

Je ne connaissais pas du tout l'auteur de ce livre, Nadine Monfils, qui est une romancière belge vivant en France et comptant déjà de nombreux succès. Apparemment elle est familière de ces univers déjantés où elle fait évoluer des personnages haut en couleur.

Il faut être clair dès le début, le roman est très particulier et il faut vraiment adhérer à l'univers et aux personnages très déjantés ainsi qu'à l'humour noir et cru de l'auteur. Concrètement, la lecture de ce roman m'a donné l'impression de lire une histoire grand format de Groland, l'émission de trash de Canal Plus.

Au final, je dirais qu'il s'agit d'une lecture sympa mais avec un petit gout d'inachevée. Les personnages sont intéressant et l'humour ravageur mais à la lecture de ce court roman je garde une sensation bancale avec cette histoire qui se déroule à cent à l'heure.

A noter que le roman a deux suites "La fêlée aux allumettes" et "La vieille qui voulait tuer le bon dieu" qui voient le retour du personnage de Mémé Cornemuse.

Pour une immersion dans l'histoire voilà un "reportage" réalisé par Nadine Monfils où elle recueille les impressions du quartier de Montmartre où Mémé Cornemuse a trouvé refuge...

mercredi 7 août 2013

"Alice au pays des merveilles" de Lewis Carroll

Une fois n’est pas coutume j’ai lu un « classique » de la littérature. 
« Alice au pays des merveilles » est sortie pour la première fois en 1865. Il fait partie de ces livres dont on connait l’intrigue sans les avoir jamais lu. Il faut dire qu’entre la version animée de Disney de 1951 et les multiples autres adaptations (films, téléfilms, séries TV, dessins animés, bandes dessinées, etc…) il est difficile de ne pas en connaitre l’histoire.
Malgré tout cela, la lecture de ce livre réserve des surprises. En effet, le livre est complètement « barré ». Je m’attendais à une histoire enfantine légèrement loufoque mais le livre est complètement bizarre, absurde, décalé et fou. Si le livre avait été écris dans les années 1960 ou 1970 on aurait pu croire que l’auteur consommait des produits illicites…
L’histoire en elle-même est très connue. On suit le périple surréaliste d’une fillette, Alice, qui suivant un lapin dans son terrier va entrer dans un royaume fantasmagorique. Au cours de son périple, elle va croiser le chemin de toute une galerie de personnages tous plus fou et bizarre les uns que les autres.
Il faut savoir que si ce livre est devenu au fil des années un ouvrage uniquement réservé aux enfants mais il n’en était rien lors de sa sortie. Lewis Caroll, professeur de mathématique de son vrai nom Charles Lutwidge Dogson, l’avait écrit pour distraire les 3 filles du doyen de son école mais aussi de manière à y dissimuler une satire de la société de l’époque. Les références ce sont perdues au fil du temps et seul demeure maintenant le récit.
Pour bien l’apprécier il faudrait également lire ce livre en anglais car comme il est indiqué dans sa préface, le traducteur a du faire d’énormes travaux d’adaptation pour le passage en français. De fait il a dû réécrire les nombreux poèmes et chansons et réadapter au risque de les trahir les jeux de mots et références à la société de l’époque. Bien que mon niveau d’anglais soit tout à fait correct j’avoue que le niveau nécessaire pour appréhender pleinement ce livre en version originale dépasse mes capacités.
Je reste un peu réservé à la lecture de cet ouvrage. Certes c’est un grand classique et est très bien écrit mais la folie qui s’en dégage rend sa lecture pénible car très confuse. Cela est voulu car je pense que c’est la façon de montrer comment un jeune enfant perçoit la société des adultes avec toutes ses complexités.
Pour moi cela évoque de nombreuses choses. La principale est que j’y ai retrouvé un parallèle avec la façon dont je perçois par moment la société des neurothypiques du haut de mon syndrome d’asperger. Souvent j’ai l’impression d’être un peu Alice au pays des merveilles face aux réactions, émotions, paroles et actions de mes semblables.

dimanche 4 août 2013

"Je suis né un jour bleu" de Daniel Tammet

Les biographies sont loin d'être mon genre littéraire préféré néanmoins il peut m'arriver d'en lire quand le sujet me touche personnellement. C'est le cas avec ce livre "Je suis né un jour bleu" de Daniel Tammet.
Daniel Tammet est comme moi porteur du syndrome d'asperger et recueillir le témoignage de l'expérience de vie d'un semblable est toujours précieux pour moi. Notre situation fait que nous ne voyons pas le monde comme les autres et avons un parcours différents des gens dit "normaux". Il est néanmoins frappant pour moi de voir les nombreux parallèles avec les expériences vécues par d'autres aspis et moi.
J'ai déjà lu trois autres biographies d'aspis : "Vivre avec le syndrome d'asperger" de Liane Holliday Willey, "Ma vie d'autiste" de Temple Grandin et "Je suis à l'est" de Josef Schovanec. Les récits sont à chaque fois passionnant et plein d'enseignement pour moi. Ils sont aussi rassurant car ils me permettent de savoir que je ne suis pas seul dans mon cas.
Mais revenons au sujet qui nous concerne ici à savoir le livre de Daniel Tammet. L'auteur a vécu un parcours relativement classique pour un aspi jusqu'à ce qu'il devienne une célébrité suite à un exploit médiatisé où en 2004 il a récité de mémoire 22 514 décimale de Pi.
Il est né en 1979 et est issu d'une famille modeste anglaise. Il est l'aînée d'une famille de 9 enfants. Très jeune il était déjà différent des autres enfants et a été victime de crise d'épilepsie dès 4 ans. Il ne sera diagnostiqué autiste asperger qu'à l'âge de 25 ans. Il développe très vite d'énorme talents aussi bien avec les chiffres qu'avec les langues.
Comme je disais plus haut il a été découvert suite à son exploit de 2004. Suite à cela il a été sujet principal d'un documentaire "l'homme ordinateur" diffusé avec succès dans le monde entier où il montrait ses capacités qui étaient analysées par des scientifiques. Histoire de rompre avec son image de bête savante il a écrit cet ouvrage pour raconter avec sensibilité son parcours.
Depuis il a écrit deux autres livres et vit en France avec son compagnon.
Le reproche que j'adresserais à ces autobiographies et auquel "Je suis né un jour bleu" n'échappe pas, est que ces livres sont publiés car leurs auteurs en plus d'être autiste asperger sont également des prodiges que ce soit dans le domaine des mathématique, des langues, etc... Ce côté "chien savant" agi comme un aimant sur les neurothypiques qui doivent j'imagine se rassurer en voyant qu'après tout cela doit être génial d'être aspi...
Personnellement, je n'ai pas de capacités exceptionnelles comme les auteurs de ces romans et mon syndrome est plus pour moi source de difficulté et de souffrance que de génie. Je trouve dommage de focaliser sur ces cas exceptionnels en les faisant passer pour la règle.
Il n'en demeure pas moins que ce livre est très agréable à lire et riche en enseignement. Je lui préfère néanmoins le livre de Josef Schovanec qui avec son humour m'avait davantage plu.



Daniel Tammet au Magazine de la santé, le 11/03/09 par Editionsdesarenes

mercredi 31 juillet 2013

"Le commando des immortels" de Christophe Lambert

Des elfes combattant dans la jungle birmane auprès de soldats anglais alliés pendant la deuxième guerre mondiale ?!?!?
Voilà le pitch légèrement "what the fuck" de ce roman et encore je ne vous ai pas encore parlé de J.R.R. Tolkien (Monsieur Hobbit/seigneur des anneaux) comme personnage principal...
Dit comme cela, on peut dire que les choses s'engagent mal, mais pourtant il faut savoir de temps en temps passer outre ses à priori.
L'auteur de ce roman, Christophe Lambert (rien à voir avec l'acteur c'est simplement un homonyme) est un écrivain qui aime bien les univers uchoniques et décalés (« La brèche » avec un débarquement allié de 44 perturbé par des voyageurs temporels ou « Zoulou kingdom» avec les Zoulous partant à la conquête de l’Angleterre victorienne par exemple)
Ici avec "Le commando des immortels", Lambert renoue avec le récit de guerre en s'inspirant de faits réels (la création d’unités de commando pour combattre l’armée japonaise en Birmanie) tout en introduisant plusieurs éléments de fantastique.
L'univers de ce roman est le nôtre à quelques détails près. Tout d'abord les elfes y existent vraiment. En 1942, époque où se déroule l'histoire, ils ne sont plus qu'une petite communauté vivant recluse et parquée dans une réserve au cœur du parc Yosemite aux USA. Jadis ils ont quitté nos terres pour rejoindre le territoire de l'ouest comme à la fin de troisième âge du seigneur des anneaux. Ils sont devenu les amérindiens de cet univers et ont subis le même sort que celui des indiens du notre pendant la conquête de l’ouest. Ils sont considérés comme des sauvages par les américains et méprisent ces derniers en retour pour leurs actes et leur mode de vie barbare.
Pour contrecarrer l’armée japonaise qui envahie inexorablement le continent asiatique, les américains et les anglais décide de constituer un régiment spécial destiner à les harasser dans la jungle birmane. Peu habitué à ce genre de guérilla, ils décident de demander aux elfes de leur prêter certains de leurs guerriers pour former les soldats de ce commando. Les elfes acceptent mais à une condition qu’un obscur professeur de littérature médiévale anglais se joigne à ce régiment en Birmanie. Ce professeur n’est autre que Tolkien alors âgé de 50 ans et en pleine écriture de la saga du Seigneur des Anneaux. Va s’en suivre un récit militaire classique de série B sur la rencontre de deux cultures différentes, l’entrainement des troupes et une première mission sur le terrain. Le fantastique n’est pas bien loin car les elfes ne sont peut être pas la seule intrusion surnaturelle dans cet univers…
Comme je le dis plus haut le cœur de cette histoire est un récit militaire vu ou lu mille fois mais le mariage du récit historique avec le conte fantastique passe plutôt bien. Les elfes sont un copié collé flagrant des indiens qui ont eux réellement participé à des missions de ce type auprès des troupes alliés notamment comme messager grâce à l’usage de leur langues natives inconnues de l’ennemi. Le personnage de Tolkien est intéressant. Il sert de passerelle entre ces deux univers (réel/fantastique) et il est intéressant de suivre ses réflexions autour de l’écriture de son roman. Sans déflorer la fin de l’histoire, le récit bascule sur un aspect fantastique inspiré des romans feuilletons et des pulps de l’époque tout en faisant d’énormes clins d’œil au Seigneur des anneaux.
Au final un roman plaisant à lire même si il ne restera longtemps dans les mémoires.

dimanche 28 juillet 2013

Survivre à une invasion robot

Cela faisait un moment que je n'avais pas parlé des livres que je lis et je vais essayer de rectifier le tir. Histoire de recommencer, je vais dire ce que je pense de ma dernière lecture à savoir "Survivre à une invasion robot" de Daniel H. Wilson.
Il ne s'agit pas d'un roman mais plutôt d'un essai sous forme de guide de survie face une future et hypothétique invasion de robots tueurs. Ce livre reprend un des grands thèmes classiques de la SF à savoir celui du soulèvement des robots. De nombreux romans et films ont déjà traité du sujet avec plus ou moins de bonheur au point qu'il est très difficile de faire preuve d'originalité de nos jours.
L'auteur nous présente la menace robot en faisant un point sur l'état d'avancement de la recherche dans ce domaine et les projets en cours. Il nous présente les différentes technologies employées pour créer des robots tant en termes de capteurs, moyens de locomotion, intelligence artificielle, etc... Il imagine ensuite comment toutes ces technologies pourraient se retourner contre nous et comment on pourrait les combattre.
A la lecture de bref descriptif certain crieront au plagiat, avec un simple changement de menace, du livre de Max Brooks, "Guide de survie en territoire zombie" qui exploite la même recette avec des zombies au lieu des robots. Néanmoins, il convient de préciser que le livre de Brooks est sorti en 2009 là où Survivre à une invasion robot est paru en 2005. Cela fait relativiser sur qui a copié qui.
Que vaut ce livre ? Paradoxalement il tient plus de l'ouvrage scientifique que du simple délire humoristique saupoudré de paranoïa que l'on pourrait penser. En effet l'auteur est titulaire d'un doctorat en robotique et intelligence artificielle et cela se sent. Il sait de quoi il parle et offre un état très intéressant de l'état de la science robotique même si on peut regretter qu'elle soit un peu datée sur certains aspect le livre ayant été écris en 2005 déjà.
De fait, j'ai été assez déçu par ce livre car il est un peu le cul coincé entre deux chaises. Si il est intéressant sur la partie état des sciences robotiques, le côté "luttons contre les robots" est pas super terrible. L'auteur peine à développer cette deuxième partie qui manque cruellement d'intérêt faute de paraître crédible voir marrante. Pour le coup Max Brooks avec son guide survie en territoire zombie a bien mieux réussi en rendant son guide passionnant à lire avec un sujet pourtant bien plus invraisemblable.
De plus certains passage mon fait froid dans le dos quand il explique comment reconnaître un androïde d'apparence humaine d'un véritable humain. Selon les critères suggéré (absence d'émotions, langage ampoulé, etc...) avec mon syndrome d'asperger je finirais certainement avec une balle dans la tête si je tombais sur un survivant un peu trop hâtif et doté de ce livre.
Donc au final un livre intéressant à lire pour découvrir les technologies de la robotique moderne mais pas passionnant pour ce pourquoi il est vendu à savoir un guide de survie faute d'un véritable développement d'une touche d'humour.

lundi 7 janvier 2013

Vivre avec le syndrome d'asperger de Liane Holliday Willey


Je viens d'achever la lecture de cet ouvrage sous titré "Un handicap invisible au quotidien". Ce livre est publié aux éditions De Boek et est la traduction d'un livre américain écrit en 1999. 
Il s'agit d'un récit autobiographique de Liane Holliday Willey docteur en éducation, spécialisée dans la psycholinguistique et également sommité dans le domaine du syndrome d'asperger. L'auteur sait de quoi elle parle car elle est elle même porteuse du syndrome. Elle n'a été diagnostiqué qu'une fois adulte. C'est en effet au hasard du diagnostic d'une de ses filles qu'elle a souhaité être également testé.
Le livre retrace donc son parcours de son enfance jusqu'à l'âge adulte où étant devenue mère elle découvre son statut d'aspie. On y découvre au fil des chapitres ses expériences et ses difficultés au quotidien à travers les grandes étapes de sa vie. Elle nous fait vivre ses doutes et sa douleur d'être différente sans savoir pourquoi. Le récit s'arrête sur sa découverte de son syndrome suite à son diagnostique et celui de sa fille. Le livre s'achève sur plusieurs appendices donnant de conseils pratiques pour mieux vivre au quotidien avec le syndrome.
La lecture est intéressante et nous permets de voir son expérience d'aspie. Après il faut bien garder à l'esprit que chaque expérience du syndrome d'asperger est différente bien que l'on puisse trouver des points communs avec son cas personnel. Personnellement, j'ai un peu été déçu par le livre car je pensais y trouver plus de chose. L'auteur arrête son récit à la découverte de son syndrome et je pense qu'il aurait été intéressant de voir l'évolution de sa vie après cette découverte même si elle est rapidement évoquée. Les appendices manquent un peu de consistance et j'aurais beaucoup aimer avoir plus de conseils pratiques. Après je pense qu'il faut relativiser et se rappeler que le livre ayant été écrit en 1999, ils devait être très avant gardiste à l'époque. Maintenant, ayant déjà lu de nombreux textes sur le sujet aussi bien en format livre que sur internet,  les éléments évoqués dans cet ouvrage manque un peu d'originalité pour moi, même si le témoignage est très intéressant. J'y ai trouver de nombreux points communs avec mon propre cas.
Liane Holliday Willey
Le dernier reproche que je ferais est d'ordre éditorial. Le livre est destiné avant tout aux porteurs du syndrome et également dans une moindre mesure à leurs proches. Quand on sait que certains d'entre nous peuvent avoir des problèmes de concentration je trouve dommage que la mise en page soit si dense et si désagréable à lire. Chaque page est super compacte et pénible à appréhender tant et si bien que lire plus d'un chapitre à la fois est difficile. Enfin c'est ma vision avec mes problèmes personnels. Résultat le livre tient en 140 pages là où il aurait du en faire 250 pour être plaisant à lire.
Pour la petite histoire c'est Holliday Willey qui a pour la première fois utiliser le terme "aspie" dans ce livre.
À noter le livre est préfacé (certes très brièvement) par Tony Attwood référence internationale du syndrome d'asperger et il a été traduit de l'anglais par Josef Schovannec  auteur de "Je suis à l'est" et lui même porteur du syndrome.

jeudi 6 décembre 2012

Dong Xoai, Vietnam 1965 de Joe Kubert



Ce livre est ce que l'on appelle en anglais un graphic novel ou roman graphique en français. Ce genre, qui se rapproche plus du format de notre bande dessinée franco-belge que du Comic classique, se démarque par un nombre de page plus important, des histoires plus ambitieuses et généralement plus sérieuses. Dong Xoai correspond à ces critères.
L'auteur, Joe Kubert est un des très grands dessinateurs de l'âge d'argent (années 50 à 70) du comic américain.  Il est malheureusement décédé cette année laissant derrière lui quantité de chef d'œuvre.


Ici, il est à la fois scénariste et dessinateur dans ce roman graphique écrit en 2010 et publié en France chez Soleil US Comic.

Kubert y raconte un épisode réel de la guerre du Vietnam. En 1965 une équipe des forces spéciales américaines débarque dans le village vietnamiens de Dong Xoai pour y assurer une mission d'observation et de formation des troupes locales. Malheureusement, très rapidement le village devient une plaque tournante du conflit et une armée vietcong va le prendre d'assaut. Le récit va nous conter l'histoire de ces soldats, de leur camaraderie, de leurs rapports avec les villageois et de leur lutte héroïque contre l'armée assaillante.
Le livre est partagé en deux parties avec le récit illustré suivi d'un cahier explicatif racontant les évènements avec des photo, cartes et schémas d'époque.

Je suis un peu partagé sur ce livre.

D'un point de vue visuelle c'est une pure merveille. Joe Kubert est un très grand dessinateur. Ici il nous livre une de ses œuvres majeures avec des dessins d'une grande beauté épurée. Ce n'est pas un comic classique, ici pas de case, de bulle, d'encrage ou de couleurs. L'auteur nous offre des dessins juste crayonnées mais pourtant criant de vérité. On a l'impression de parcourir le cahier de croquis d'un journaliste de guerre de l'époque. Les dialogues sont simplement rajoutés sur les croquis sans phylactère (bulle) et servent plus de légendes qu'autres choses.


L'histoire en elle même m'a laissé une impression plus mitigée. La guerre du Vietnam est un sujet abondamment traité que ce soit au cinéma, en série, livre ou comic. Les années passées ont permis de prendre du recul par rapport à l'histoire et d'avoir une vision moins manichéenne des faits. Peut être s'agit il de moi mais j'ai trouvé l'histoire assez archaïque avec une vision très années 60. Les soldats américains y sont de braves types, aux mâchoires carrés, volontaires et élevés au bon grain. Les vietnamiens y sont soit des paysans tout juste civilisés vivant dans la crasse et pétris de superstitions, soit des militaires corrompus faisant régner un régime féodale. Les vietcong sont une horde de sauvage grimaçant plus proche d'animaux que d'être humains. Pour un peu on pourrait se croire dans une bon vieux film de propagande avec John Wayne des années 60. À chaque pages tournées on entend la bannière étoilée claquer au vent.

Donc au final un superbe recueil de dessins à mon avis desservi par une histoire archaïque.

lundi 26 novembre 2012

"Mangez-le si vous voulez" de Jean TEULÉ



Je ne suis pas quelqu'un de très sensible et il en faut beaucoup pour me choquer mais ce roman y est arrivé sans peine par sa violence et le folie qui s'en dégage.

Avec une telle accroche on pourrait penser que je l'ai pas aimé alors qu'au contraire je l'ai dévoré (sans mauvais jeux de mots) d'une seule traite hier soir. On me rétorquera qu'il ne fait que 115 pages mais c'est tout de même un bon indicateur.

Le roman parle d'un fait divers réel intervenu en 1870 dans le petit village périgourdin de Hautefaye où, pendant la guerre opposant les forces de l'empereur Napoléon III à l'armée prussienne, une foule hystérique a lynché, torturé, brûlé vif puis dévoré (je dis bien dévoré) un jeune homme du cru prit à tord pour un espion prussien.

Jean TEULÉ qui m'avait jusque là davantage habitué à des récits plus léger conte ce récit de façon froide et efficace sans rien nous épargner de l'horreur. Là où un autre auteur nous aurait pondu un livre de 300 à 400 pages narrant les tenants en aboutissements de l'histoire, TEULÉ nous livre un récit court et percutant de 115 pages. Quinze pages pour poser le décor au début, quinze pages à la fin pour conclure l'histoire et 85 pages d'horreur et de folie entre les deux.

Un très bon récit à lire et à méditer sur la nature humaine et ses excès, mais à ne pas mettre entre toutes les mains.

dimanche 25 novembre 2012

"Je suis à l'est" de Joseph Schovannec


Personnellement je ne suis pas trop friand des biographies ou des témoignages où les personnes parlent de leurs expériences personnelles sur tel ou tel sujet. Je préfère les fictions en général. Pourtant là j'ai vraiment dévoré le livre mais il faut dire que le sujet me parlait particulièrement.

Mais revenons au principal à savoir le livre. "Je suis à l'Est" est le témoignage plein d'émotions et d'humour de Josef Schovannec sur sa vie en tant que autiste avec syndrome d'asperger.

Le livre partait mal pour moi car le sous titre "savant et autiste" puait la justification à deux balles histoire de rendre sexy le récit d'un "neuneu" savant pour les normaux. Il faut dire que le livre est vendu un peu partout en vantant l'intelligence anormale pour un fou, imaginez il a fait science po et en plus il a un doctorat de philosophie... Pour un peu on pourrait croire que l'on nous vend les exploits d'un cheval savant qui va faire des additions en tapant avec ses sabots...

Ayant déjà vu Joseph sur les plateaux télé je savais que c'était quelqu'un de très intéressant et l'annonce d'un livre racontant sa vie et son regard sur notre société ne pouvait que m'intéresser. Et je n'ai pas été déçu.

Je me suis beaucoup reconnu dans le récit de Joseph notamment sur sa jeunesse et sa "toxicomanie" (ses passions décalées). Certes son versant autistique est beaucoup plus prononcé que le mien mais nous partageons beaucoup de points communs et d'expériences. Je rêverais d'avoir son courage car il fait beaucoup pour défendre la cause de l'autisme.

La partie de son récit sur sa traversée du désert psychiatrique m'a réellement glacé le dos. Il a passé des années broyé par les soi-disant experts psychiatres, psychologues mais plus psychopathes qui l'on détruit à coup de médicament... Encore une fois je me demande qui est normal et qui ne l'ai pas...

Au final un récit passionnant et plein d'humour. Joseph parviens à voir sans cesse le bon côté des choses et sait prendre à contre pied des expériences dramatiques pour un neurotypique pour montrer comment elles le font avancer. 

Je conseille vivement la lecture de ce témoignage tant pour des aspies désirant partager l'expérience d'un des leurs que pour des "normaux" voulant voir ce qu'est la vie d'un autiste avec asperger.

dimanche 18 novembre 2012

The Walking Dead : l'ascension du gouverneur


Comme toute licence a succès The Walking Dead se retrouve décliné sur toute une série de support. Etant un grand amateur de la série en comic je ne peux pas résister à découvrir certain des ces produits dérivés.
Pour l'instant à ma connaissance The Walking Dead c'est aussi :

  • des figurines (sympa),
  • une série TV (pas géniale),
  • des art book et guide de personnage (bien mais dispensable),
  • un jeu de plateau (pas génial),
  • un jeu vidéo (très bien et dont je parlerais prochainement),
  • des romans,

Aujourd'hui je vais vous parler du premier roman issu de cette licence : "L'ascension du Gouverneur".
Dans ce roman nous suivons le périple et la descente aux enfers d'un petit groupe de potes (deux frères,  la petites fille de l'un d’entre eux et deux de leurs amis d'enfance). L'histoire commence dans les premiers jours de l'épidémie et débute de façon assez similaire aux premiers comics de la série. On assiste aux tentatives plus ou moins heureuses du petit groupe pour survivre aux "bouffeurs" et aux autres survivants. L'histoire va petit à petit déraper quand les fêlures et les travers des personnages exacerbées par cette ambiance post apocalyptique vont faire surface. La folie va lentement mais surement ronger le groupe qui pour survivre va devoir abandonner son humanité qui ici est représenté par la fillette.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser l'histoire n'est pas un copié collé du comic avec de nouveaux personnages mais bien une histoire parallèle qui peut se lire indépendamment. Le roman s'insère aussi bien dans l'univers du comic que celui de la série.
Pour le fan du comic la lecture du roman s'impose quand on sait que dans ce groupe se trouve un certain Philip Blake qui deviendra par la suite à jamais un des personnages les plus marquant de la série de comic. Grâce à lui je n'utilise plus l'expression "j'en mettrais ma main à couper" comme avant...
Le roman parvient à nous montrer ce personnage sous un angle différent. On comprend ce qui le fait déraper dans la folie et explique certaines questions restée en suspend dans le comic. Si les choses avaient été différentes il aurait tout à fait pu intégrer le groupe de Rick et en devenir un des piliers...
Comme gage de qualité pour le roman, il est à signaler qu'il est co-écrit  Robert Kirkman, scénariste de génie du comic.
Un deuxième tome est sortie ce moi-ci ("Sur la route de Woodbury") et dès que je l'aurais lu je ferrais part de mes impressions. D'après ce que j'ai pu lire ce serait le récit d'une femme qui débarque dans la ville de Woodbury après que celle ci soit passée sous le contrôle du Gouverneur et avant l'arrivée de Rick.

Donc au final un très bon roman pour les amateur du comic mais peut être un peu moins pour un néophyte.

jeudi 15 novembre 2012

World War Z

Il n'y a pas beaucoup de roman traitant des zombies qui m'aient convaincu.

J'aime bien "Un horizon de cendres" de Jean-Pierre Andrevon et j'ai dévoré les deux livres de Max Brooks (fils du cinéaste Mel) "Guide de survie en territoire zombie" et "World War Z".

Ce dernier est composé de court chapitre rapportant chacun un témoignage différent du le récit de la survie de l'humanité confrontée à une invasion zombie des premiers aux derniers jours. Sans être révolutionnaire ce roman m'avait beaucoup plu par son originalité de traitement global de la crise. Ici on ne suit pas un petit groupe de survivant mais l'humanité toute entière.

L'annonce de la sortie prochaine d'un film adaptant le roman avec Brad Pitt m'avait pas mal laissé assez sceptique. Le format même de la narration ne peut pas à mon avis s'adapter dans un film de 2 heures et je pense que le format série TV aurait été plus adapté avec 3/4 histoires par épisodes.

La bande annonce ci-dessous ne fait que me conforter dans cette opinion.

C'est quoi ces zombies qui se déplacent comme des fourmis sous amphétamines... C'est certes visuellement original mais cela ne correspond en rien à la version des zombies du roman.

J'ai plus l'impression que l'on va y suivre Brad Pitt et sa petite famille qu'autre chose.

Wait and see... Mais cela sent un peu mauvais tout de même