mardi 12 novembre 2013

Revival tome 1 et 2

Fort du succès de sa série phare The Walking Dead, Delcourt se lance dans la publication d'une autre série fantastique américaine : Revival.
Cette série est publiée aux USA par Image Comics depuis l'été 2012 est continue toujours à ce jour. De prime abord, on pourrait dire encore une histoire de Zombie pour surfer sur la mode mais dès les premières pages on découvre un autre univers et un autre traitement qui fait que Revival n'est pas un N-ième clone de Walking Dead.

Ne comptez pas trouver de Zombie en décomposition et de survivants luttant contre l'adversité d'un monde post-apocalyptique. 
L'histoire ce passe de nos jours dans une petite ville du centre des USA en plein cœur de l'état rural du Wisconsin où, le lendemain du premier de l'an, des morts reviennent à la vie. 
Ici pas d'armée de morts décérébrés traquant les vivants mais des gens normaux (ou presque) revenant à la vie dans leur apparence normale. Ils ne sont pas une légion, tout au plus une vingtaine de cas identifiés.
Les autorités et la population sont au courant de ce phénomène que personne n'explique. Le gouvernement, dans l'attente de l'évaluation de la menace posée par ces revenants (épidémie, invasion, etc...), a décidé de mettre la ville en quarantaine. Cela autant pour éviter la fuite des revenants dans la nature que pour éviter que les malades et autres illuminés n'envahissent la ville en recherche d'une hypothétique vie éternelle.

La série va raconter ce qui a fait revenir ces personnes et comment les vivants peuvent cohabiter avec leurs proches théoriquement mort. 
Très vite on va découvrir que certains des ces revitalisés sont peut être là pour finir quelques choses laissées en suspend à leur mort ou se venger de ceux qui les ont tuer. De plus, de mystérieuses silhouettes fantomatiques commencent à être vue par certains. 
Petit à petit, on va découvrir que des habitants de la petite ville de Wasau, où se déroule l'histoire, ont de lourds secrets à cacher et qui refont surface...

Cette nouvelle série est réalisée par un duo avec Tim Seeley au scénario (Witcheblade, GI Joe,...) et Mike Morton au dessin (Queen & Country, Runaways,...). Ces deux auteurs ne sont pas des célébrités mais ils nous livrent ici un très bon travail. On sent que l'histoire en a sous la pédale et que la ville de Wasau n'a pas finie de nous livrer ses secrets. Le dessin est très agréable, bien mis en couleur et sert à merveille l'histoire. Les personnages, profondément humains, sont très attachant. L'histoire est très rythmées (les 11 premiers numéros se déroulent sur une poignée de jours) et l'on alterne perpétuellement entre les intrigues.

À la lecture de ces deux premiers tomes, regroupant les 11 premiers numéros de la série, on retrouve l'ambiance d'autres œuvres. 
Tout d'abord pour le téléspectateur français abonné à Canal Plus, le parallèle avec la série "Les revenants" diffusée en début d'année est évident. Le traitement est néanmoins différents car ici les revitalisés évoluent au grand jour et sont connus de tous ou presque. 
La deuxième référence pour moi est celle du roman de Stephen King "Under the dome" car on y retrouve le concept de la petite ville moyenne du centre des USA coupée du reste du monde par un événement surnaturel et gangrenée par de lourds secrets. Le résultat final est néanmoins très différents de ces deux œuvres et encore plus de Walking Dead avec lequel il n'a aucun rapport.

Bien que le style graphique puisse laisser penser le contraire de prime abord, ce comic est définitivement destiné à un public averti de part la violence de certaines scènes assez gore. Les auteurs en profitent également pour faire une critique de l'Amérique profonde avec ses rednecks racistes et ses intégristes religieux.
A noter qu'une fois encore il y a un projet d'adaptation aux USA en série télé de cette série Comics.

Au final, j'ai adoré cette série qui pour moi est une superbe série fantastique bien supérieure à Walking Dead devenu bien poussif ces derniers temps. Encore une série que j'espère pouvoir suivre longtemps.

lundi 11 novembre 2013

Un an déjà

Il y a un an de cela, coincé chez moi par un dimanche pluvieux, je me suis dis : et si je faisais un blog !
Je ne connaissais rien à la création de blog et n'avais pas vraiment d'idées concrètes de ce que je voulais faire mais j'étais motivé.

Résultat, une douzaine d'heures de travail plus tard, L'antre du capitaine Némo était mise en ligne avec un tout premier article le dimanche 11 novembre 2012. 
Tout n'était pas parfait loin de là, mais le principal y était déjà à savoir la charte graphique avec ses codes couleurs.

Comme je le souhaitais ce blog me ressemble et parle de qui je suis et de ce que j'aime. C'est un peu un capharnaüm de plein de chose mais c'est le reflet de ce qui se passe dans ma tête.
Au delà de mes passions, il m'a permis de parler de mon syndrome d'asperger à plusieurs personnes de mon entourage qui savaient que j'étais différents sans trop savoir pourquoi. En effet, ce blog m'a servis à faire mon coming-out et à trouver un équilibre que je je soupçonnais pas. Grâce à lui j'ai pu entrer en contact avec certaines personnes autour des sujets abordés.

En un an j'ai écris plus de 200 articles pour un total de 22 222 pages lues soit en moyenne plus de 110 visites par articles.
Certes la statistique a été légèrement faussée par des tentatives répétées de sites étrangers bien décidés à me pourrir deux articles sur ces 6 derniers mois en cherchant à y poster des publicités en commentaires. Résultat ces deux articles récoltent 3 000 visites à eux seuls... Cela m'a obligé à sérieusement restreindre les règles de dépôt de commentaire histoire de ne pas être sollicité 20 fois par jour pour approuver des spams....

Au final, le bilan est très positif et je pense encore continuer à faire vivre ce blog.

Si cela vous dit accompagnez moi histoire de faire encore un bout de chemin ensemble le long d'une nouvelle année...


mardi 5 novembre 2013

Battle Pape

Robert Kirkman est un scénariste à succès surtout connu pour sa série The Walking Dead qu'il écrit depuis 2003 chez Image. Avant cette série phare il s'était livré à l'écriture d'une série de jeunesse beaucoup moins connue : Battle Pape.

En effet, de 2000 à 2002, il a écrit 14 numéros de cette série comics indépendant avec son complice de l'époque Tony Moore au dessin. C'est ce même Tony Moore qui a dessiné les 6 premiers numéro de Walking Dead avant de céder sa place à Charlie Adlard sans savoir le succès qu'allait rencontrer la série. 
Battle Pape est une serie de super héros assez originale mettant en scène un Pape guerrier avec son side kick Jésus combattant les démons.
 
Avant toute chose il convient de bien préciser que Battle Pape est une série très très très très particulière qui risque de déplaire à beaucoup. En effet, si vous êtes un fervent chrétien et que le moindre sacrilège vous donne envie de chercher du petit bois pour allumer un bûcher passez vite votre chemin car cette série n'est pas à mettre entre toutes les mains. 
Si en revanche vous ne vous choquez pas pour un rien, que vous aimez l'humour décalé et noir, que la vulgarité ne vous effraie pas alors ce comics est peut être fait pour vous.

Le pitch pose déjà l'histoire : le jugement dernier est arrivé mais Dieu n'a pas jugé les hommes digne de rejoindre le Paradis. Même le pape, un sacré queutard, n'a pas été jugé digne. Résultat, les portes de l'Enfer s'ouvrent sur terre et les démons se déversent en masse sur l'humanité. Il s'en suit une guerre qui va ravager les deux camps et, pour éviter l'extermination, les humains et les démons décident de vivre ensemble sur Terre. Conscient de la fragilité de la place des hommes, Dieu décide de confier des super-pouvoirs au Pape défroqué pour qu'il aide les hommes et lui confie la garde de son fils Jésus.

Battle Pape est une série tout sauf sérieuse et Kirkman s'amuse à être particulièrement irrévérencieux : le pape est un obsédé sexuel violent et égoïste et Jésus un baba cool nigaud.
Les 14 numéros de cette série sont particulièrement savoureux à lire si peut que l'on fasse preuve d'une grande ouverture d'esprit. En effet, Kirkman se permets tout et bien plus encore et en d'autre temps il serait sûrement passé au bûcher pour cela. 
L'humour est très noir et assez crue. Le thème fera peut être penser au film Dogma sortie deux ans avant.
Comme je le disais au début, il s'agit d'une œuvre de jeunesse aussi bien pour Kirkman que pour Moore. Les premiers numéros sont donc assez brouillon mais le tout s'améliore assez rapidement tant pour l'histoire que pour les dessins.

Ce comics a été traduit en France dans une édition intégrale chez l'éditeur Stara en 2010 dans la version d'origine du comics, soit une version en noir et blanc. Si cela passe plutôt bien la majeure partie du temps, certaines planches sont tout de même un peut difficile à lire car trop sombre.

Au final, un comics sympa et irrévérencieux à lire pour passer un bon moment sans se prendre la tête.

dimanche 3 novembre 2013

"Astérix chez les Pictes" ou comment passer la main

A moins de vivre dans une grotte coupé du monde, vous savez certainement qu'un nouvel album des aventures d'Asterix était sorti le mois dernier. Après, selon l'intérêt que vous avez porté à l'information, peut être savez vous ou non que ce nouvel album est le fruit du travail d'une nouvel équipe créative même si Uderzo garde toujours un droit de regard.

En bande dessinée franco-belge, selon les cas, la mort du créateur d'une série sonne souvent le glas de cette dernière : Hergé a emporté Tintin dans sa tombe tout comme Hugo Pratt son Corto Maltesse. En effet, chez nous les séries et leurs personnages sont la propriété intellectuelle de leurs créateurs. Cela peut surprendre le lecteur de comics, car aux USA les scénaristes et dessinateurs ne sont que des prestataires rémunérés par un éditeurs pour écrire ou dessiner un nombre donné de numéro des aventures d'un personnage puis passer à un autre. La bas, en effet, les personnages sont la propriété des éditeurs (DC et Marvel par exemple) et non de leurs auteurs mis à part quelques exceptions (Image). Cela existe également dans une moindre mesure chez nous et de temps en temps certains auteurs de leur vivant ou à titre posthume peuvent autoriser leur éditeurs à poursuivre leur travail. Cela a été le cas par exemple pour Blake et Mortimer ou Spirou qui perdurent plus de 70 ans après leur création et le décès de leurs pères respectifs.
Avec ce nouvel album la série d'Asterix rejoint cette dernière catégorie.

La série est née dans les pages du journal Pilote en 1959. Ses géniaux auteurs, Goscinny à la plume et Uderzo au dessin vont réaliser ensemble 25 albums tous plus meilleurs les uns que les autres. Goscinny avait l'art de traduire les travers de notre société moderne dans les aventures d'Asterix et maniait un humour fin et subtil. Uderzo quand à lui illustrait avec brio ces aventures. Malheureusement, ironie de la vie, Goscinny décède en 1977 d'une crise cardiaque lors d'un test d'effort chez un cardiologue.
Pour moi, c'est à partir de là que le série à dégringolé. En effet, Uderzo, souhaitant continuer à faire vivre la série, a alors décidé de prendre la double casquette de scénariste-dessinateur. Si le dessin était toujours égal à lui même, les scénarios avaient eux perdu leur profondeur sociale pour devenir bien plus basique. Le rythme de parution va alors sérieusement baisser car on passe de un à deux albums annuels du temps du duo à 8 albums en 25 ans (de 1980 à 2005). La série à même failli s'arrêter purement et simplement, tout au moins pour l'aspect bande dessinée, le merchandising continuant lui (cinéma, dessins animés, jouets, etc...). 
En effet, en 2005, Uderzo voulant sûrement rajeunir son personnage décide de sortir "Le ciel lui tombe sur la tête" où il raconte une invasion par des extraterrestres du village gaulois avec un mélange indigeste de manga et de Disney. Les critiques impitoyables (mais malheureusement justifiées) de l'époque avaient alors profondément attristé Uderzo qui avait alors décidé de raccrocher les gants.

C'est donc, avec surprise et curiosité, que j'ai appris en début d'année que Uderzo avait pris la décision de passer la main à une nouvelle équipe créative pour continuer les aventures d'Asterix. Au scénario arrive donc Jean Yves Ferri (qui a entre autre déjà travaillé avec Larcenet sur Le retour à la Terre) et au dessin Didier Conrad (apparemment un dessinateur connu mais pas par moi).

Alors de quoi parle cet album ? Et bien, on revient ici à l'une des bases des récits d'Asterix à savoir la découverte d'autres pays et de leur culture. Ici c'est la Calédonie (Écosse) et ses Pictes. L'histoire en elle même n'est pas super originale : un picte vient s'échouer sur les plages du village de nos héros et ces derniers vont l'aider à rentrer chez lui pour retrouver son trône et sa fiancée. L'histoire est assez basique et ultra prévisible. Ne vous attendez surtout pas à être surpris part un twist du scénario car il n'y en a pas. Néanmoins, l'histoire se révèle plus agréable à lire que celles des albums de ces 30 dernières années. L'humour est très présent par le biais de répliques faisant mouche. Si l'on ne retrouve pas encore la qualité d'un Goscinny on s'en rapproche tout de même. Le dessin n'est pas si mal que cela même si je pense qu'il faudra encore un ou deux albums pour être parfaitement maîtrisé. Globalement le style est quasi identique à quelques cases près de celui d'Uderzo.

En conclusion, sans être un chef d'œuvre, ce nouvel album est assez sympathique à lire et laisse espérer que cette grande licence qu'est Astérix pourrait renaître de ses cendres. J'espère que d'autres albums sortiront avec un style qui gagnera en maîtrise.

samedi 2 novembre 2013

Nos années Récré A2 : 1978-1988

Si vous êtes né entre 1970 et 1980 ce livre devrait vous intéresser.
En effet, cet ouvrage arborant fièrement le logo de l'émission emblématique Récré A2 se propose de vous faire revivre une décennie de programme jeunesse à la télévision française.
L'auteur, Sébastien Carletti, est un habitué de l'exercice car il est déjà le papa de deux superbes ouvrages à savoir : Nos jouets 70-80 : de Barbie à Transformer et Nos années Strange : 1970 à 1996. Ces deux livres étaient de splendides encyclopédies chronologiques respectivement sur l'univers des jouets et celui des comics à destination des adultes nostalgiques nés à cette époque.

Dans ce nouvel ouvrage, Sébastien Carletti reprend sa recette avec brio en nous proposant de parcourir de façon chronologique 10 années de programme jeunesse française toutes chaînes confondues. Le fil blanc de ce livre est l'émission phare de cette décennie à savoir Récré A2. L'histoire s'ouvre avec le démarrage de l'émission sur la deuxième chaîne en 1978 pour s'achever en 1988 date où, suite à une série de désaccord, les stars de l'émission, dont Dorothée, claquent la porte pour rallier TF1 où ils créeront le Club Dorothée qui sera la référence d'une nouvelle génération de téléspectateurs.

L'auteur nous fait donc remonter le temps trimestre par trimestre détaillant les grilles des programmes des différentes chaînes. Le livre n'est pas pour autant un simple listing des programmes de l'époque. En effet, il nous raconte l'envers du décor avec les luttes entre les chaînes ou les animateurs, les polémiques soulevées par certains programmes, le périple de certaines séries pour arriver à l'antenne, etc...
Au fil des pages il s'arrête sur certains des programmes phares (Goldorak, Candy, Heidi, Albator,...) pour nous raconter l'histoire de leur création et de leur adaptation (voir censure). Il nous résume leurs intrigues et pour les plus curieux il nous propose en retournant le livre de découvrir le résumé de leurs derniers épisodes histoire de savoir comment ces séries finissaient.

En 10 ans on assiste à une réelle transformation des programmes où clairement les impératifs de rentabilité et publicitaires vont prendre le pas l'aspect éducatif, où les productions françaises vont quasiment disparaître au profit des dessins animés japonais, où l'ambiance enfantine et naïve va s'effacer face à une violence certaines, etc...

Alors que faut il en penser ? Clairement si vous n'avez pas grandi pendant cette période le livre risque de vous ennuyer. Dans le cas contraire c'est une véritable madeleine de Proust et vous allez vous rappeler avec tendresse telle ou telle émission qui aura illuminé vos fins d'après-midi ou vacances. 
Personnellement, ayant été enfant pendant cette période (j'y suis passé de l'âge de 7 à 17 ans) je suis clairement le cœur de cible. Fautes d'amis de mon âge je partagé mon temps libre entre la télé et les livres.
A la lecture je me suis rendu compte que pour les premières années traitées je connaissais pour ainsi dire tout. Il faut dire qu'à l'époque (fin 70/début 80) les émissions n'étaient pas légion. 
En revanche au fur et à mesure des années et du développement du marché de plus en plus de programme me sont inconnus. Il faut dire aussi que, pour ceux qui s'en rappellent, on passait moins de temps devant la télé à l'époque et en plus les magnétoscopes n'existaient pas ou étaient trop chers. 
Après en grandissant j'ai un peu laissé tomber les programmes pour enfants au profit des séries télé américaines qui arrivaient en masse et ce notamment avec l'arrivée de deux nouvelles chaînes : La 5 et M6. 

En conclusion, ce livre est très agréable à lire et bourré d'anecdotes. Qui plus est, il est superbement illustré par de nombreuses photos tirées des différentes émission. 
Tout au plus je lui reprocherais d'être un peu trop rapide par moment là où j'aurais vraiment aimer trouver plus d'informations sur certains programmes dit mineurs et également de manquer un peu de légèreté car par moment sa lecture peut être un peu aride.